You are here

Shale Hill: La dernière danse  

Eric Sirois's picture

Shale Hill: le rêve de Rob Butler devenu réalité. Un endroit mythique craint par les meilleurs athlètes du sport. Au cours des années, seulement une poignée d’athlètes auront eu la chance de tester leurs habilitées sur le parcours qui fut plusieurs fois couronné comme étant le meilleur centre d’entrainement pour la course à obstacles. Le deux février dernier se tenait la dernière course prenant place sur le terrain de Shale Hill : Le Polar Bear 8h. Cette course consiste à effectuer le plus grand nombre de tours possible sur une période de huit heures. Chaque tour est d’une longueur de dix kilomètres et comprends environ soixante-dix obstacles (aussi connus sous le nom de Robstacles) tous plus difficile les uns des autres.

Pour cette édition, environ 175 coureurs s’étaient donné rendez-vous pour une dernière fois. Plusieurs habitués, mais plusieurs nouveaux visages également qui ont finalement décidé de se joindre à la fête, sachant qu’il n’y aurait pas d’autre chance d’y prendre part. Mère nature s’est également dit qu’il était temps de passer par Benson. Au cours des dernières années, même si la course se déroule au début du mois de février, le terrain ressemblait presque à une course de printemps dans le sens que la neige y était presque inexistante. Certes, la glace était omniprésente, mais puisque l’organisation permet et recommande l’utilisation de crampons, ça ne causait pas de problème. Cette fois-ci par contre, les tempêtes hivernales des semaines précédant la course avaient laissé une bonne couche de neige. Une légère couche de neige recouverte de glace sur laquelle reposait un bon huit à dix pouces de neige fraiche. Certaines portions du parcours étaient un peu tapées par les passages en motoneige, mais la surface instable a certainement compliqué la vie des coureurs.

Le parcours reste le même que celui des dernières course à quelques changements près. Pour ceux qui connaissent le parcours, voici les changements apportés pour l’édition finale : dans la section boisée, on passe directement au mur de traverse après l’échelle de corde au lieu de se rendre dans le champ. Les obstacles de cette section se font plus tard tout de suite après la section d’équilibre. De plus, il n’y a plus de montagnes de ballots de foin par-dessus lesquelles il fallait grimper. Trois obstacles sont retirés du parcours pour les coureurs généraux et deux pour les élites. Le flip du pneu et le « tire drag » ne font pas partie des obstacles puisqu’ils sont pris dans la glace. La brouette est seulement mise en jeu pour les élites. Cette dernière n’était pas commode, car l’instabilité du sol enneigé rend la montée particulièrement difficile. De plus la glace présente sur les poignées complique grandement la tâche des coureurs. Les élites devaient également grimper la corde à la fin du « band cutter » après avoir fait la série d’anneaux.

Pour les obstacles manqués, un système de pénalité hybride fut utilisé. Pour trois obstacles sur le parcours dont les wobble et spinning monkey bars ainsi que le mur de traverse, le système de jeton était en place. Si vous ratiez l’obstacle, vous pouviez le réessayer autant de fois que vous le vouliez à condition de ne pas bloquer personne. Dans le cas d’un abandon, vous preniez un jeton et une pénalité y serait attribuée à la fin de votre tour au moyen d’un roulement de dé. Les pénalités allaient de 25 coups de battle rope, 15 pups push-up, des transports ainsi qu’une descente en traineaux et un câlin de Sandy! Votre tour se terminait seulement après avoir terminé toutes vos pénalités. Pour les autres obstacles, la pénalité était de retourner au dernier obstacle, compléter celui-ci et revenir passer à côté de celui raté. Certains retours en arrière pouvaient prendre un temps considérable et ajoutaient sans aucun doute à la distance parcourue.

La journée commençait assez tôt avec le déjeuner qui débutait à 6h30, suivit des explications et règles à suivre à 6h45. Les élites prenaient le départ de 7h30, suivi des « open/age group » à 7h45 et finalement les « journeyman » à 8h. Peut-être les départs étaient trop rapprochés étant donné les conditions de courses, car il y a eu une grosse file d’attente au transport de buche qui arrive assez tôt dans le trajet. Cette épreuve étant un des plus longs transports de charge en course à obstacles était un peu plus compliquée avec la neige et donc un peu plus longue à compléter qu’en temps normal. Le début de la course s’est fait sous un froid intense et plusieurs coureurs ont eu des problèmes d’engelure aux pieds. Certains ont même dû abandonner la course de façon préventive. Heureusement, le mercure grimpa un peu et permit à ceux qui décidaient de repartir pour un deuxième tour de profiter d’une température un peu plus clémente. Par contre, le vent dans le champ ne laissait personne indifférent!

À la fin de la journée, personne ne réussit à compléter trois tours. Le froid, la neige et la fatigue auront entre autres eu le dessus sur certains athlètes. Certains pensaient même que compléter deux tours serait chose facile et que leur qualification pour le championnat nord-américain et le Championnat du monde était déjà dans leur poche avant même de prendre le départ. Malheureusement, ce fut une journée brutale pour plusieurs. Chose certaine, le buffet fourni par le Wheel Inn réchauffa les cœurs et rempli les estomacs des coureurs tout au long de la journée. Si jamais vous passez dans le coin, allez y faire un tour, vous ne serez pas déçu! L’évènement qui signifiait la fin des activités de Shale Hill ne pouvait se terminer sans une charge d’émotion. Plusieurs personnes ont partagé des anecdotes en lien avec l’endroit. Des expériences passées, des moments cocasses, des défis réalisés. Plusieurs remerciements de la part des directeurs de course ont clôturé la journée suite à la remise des prix aux gagnants.

Évidemment, ceux qui nous suivent savent que Shale Hill prend une place bien spéciale dans notre cœur. Dès notre première visite, notre équipe est tombée en amour avec l’endroit. Au cours des dernières années, les rencontres biannuelles étaient rendues un immanquable pour plusieurs raisons. L’unique parcours est évidemment l’une d’elles, mais plus encore la famille et l’ambiance qui gravite autour de Shale Hill. Ce parcours aura permis à plusieurs athlètes de s’améliorer, d’identifier leur faiblesse et ainsi devenir meilleur. Merci Rob, Jill et Karver de nous avoir accueilli chez vous et d’avoir contribué au développement du sport durant toutes ces années. Les souvenirs demeurons graver à jamais dans nos mémoires. Pour ce qui est de notre grande famille Shale Hill, ce n’est pas un adieu, mais plutôt un « à la prochaine »!