You are here

OCRWC traverse l'Atlantique!  

Eric Sirois's picture

Pour l’édition 2018, le Championnat du monde de course à obstacles déménageait des montagnes du nord de Toronto au Canada pour se diriger de l’autre côté de l’atlantique sur les terrains de Nuclear Race à environ une heure de Londres en Angleterre. Si on se fie aux dernières années, on pourrait en conclure que l’évènement se tiendra sur le même site l’an prochain. Compte tenu de la confirmation de la part de OCRWC de ce côté, la tendance de tenir l’évènement au même endroit pendant deux ans semble plausible.

Le site est totalement différent, et ce à tous les points de vue. Au cours des deux dernières années, le site hébergeant la course était également un lieu de villégiature qui comprenait hôtels, restaurants et bars quelques pas de la ligne de départ. Pour cette cinquième édition, les athlètes devront faire au minimum quinze minutes de voiture pour se rendre à un hôtel. Certains ont opté pour une location de véhicule leur permettant d’y dormir et ainsi passer la nuit dans le stationnement de l’évènement. Pour combler le manque de restaurant pendant la journée, il y a une tonne de kiosques/food truck qui offre une diversité de nourriture de façon à ce que tout le monde y trouve son compte. Comme on le sait bien, le coureur à obstacle est une espèce qui aime bien célébrer la fin d’une course avec un breuvage alcoolisé. Ces derniers ne sont pas en reste, car il y a également quelques kiosques se chargeant de cet aspect. Évidemment, lors d’un tel évènement de compétition, la modération est recommandée et l’eau risque de mieux servir vos objectifs en termes d’hydratation.

Le site principal est énorme. Un immense chapiteau est installé sur le site ou l'on retrouve la scène des podiums ainsi que plusieurs kiosques. Il y a même deux obstacles complets sous la tente à l’abri des intempéries. Parlant de météo, les organisateurs furent bénis par dame nature qui donna trois jours de beaux temps pour la durée du championnat. L’iconique pluie anglaise n’aura donc pas été un facteur d’échec pour les athlètes. Le thermomètre quant à lui affichait une température plus que confortable. Bien que les matins étaient assez frais, aussitôt la course entamée, on se réchauffait rapidement. Les inscriptions ce sont selon moi déroulé dans problème et le processus était rapide. Bon nombre de coureurs ont profité de la journée du jeudi pour régler tout ce qui avait attrait aux inscriptions et ainsi profiter du weekend la tête tranquille.

Le lieu est différent, mais le format reste le même : quatre courses distinctes l’une de l’autre se déroulent au cours de la fin de semaine. Le vendredi, les athlètes désirant attaquer un parcours rapide, intense et éprouvant ont droit au trois kilomètres. Le samedi, c’est l’épreuve « reine » avec le quinze kilomètres et pas moins de cent obstacles annoncés quelques jours auparavant. La dernière journée se tient la course en équipe ainsi que la course pour l’œuvre de charité.


*Tracé et élévation du 15km

Parlons du parcours et des obstacles. Contrairement aux parcours remplis d’élévation du Canada, le terrain est assez plat et comprend seulement quelques petits changements d’élévation. Par contre, un élément bien important qui manquait à Blue Mountains est présent cette fois-ci : l’eau. Sur le trois kilomètres, aucune trace d’eau mise à part un petit passage dans la dernière portion du parcours. Par contre les obstacles se succèdent les uns après les autres. Une courte distance ou la plupart des gros obstacles demandant de la force de préhension et de haut de corps y sont tous présents. Une gaffe (Northman Race) version Nuclear race est présente sur le parcours, mais est de loin beaucoup plus facile que la version originale. Le platinum rig contient plusieurs anneaux et le rend tout de même assez simple. Du moins, c’est ce que diront les spécialistes d’obstacles techniques. Il faut garder en tête que les organisateurs ont conçu le parcours en pensant aux pires conditions météo qu’ils auraient pu affronter. Le transport de Wreck Bag est fait sur le plat, est d’une très courte distance et inclut une « reptation ». Un problème majeur est arrivé pendant la première vague de la journée (Groupe d’âge homme 30-39). L’obstacle Caterpillar qui consistait bizarrement à se déplacer sur une structure de métal en utilisant des poteaux pour les mains et les pieds (difficile à expliquer en texte) a rapidement causé une longue file d’attente. Dix rangées étaient disponibles, mais le nombre de poteaux étant le même, on ne pouvait pas envoyer deux athlètes sur la même ligne en même temps. LA situation fut rapidement corrigée lorsque la décision fut prise d’enlever l’utilisation des poteaux et de seulement utilise les mains et les pieds pour traverser la structure. Bien sûr ce genre de décision peut influencer les résultats finals, car traverser l’obstacle sans utiliser les poteaux était considérablement plus rapide, mais il fallait absolument faire un changement pour éliminer l’attente.

Chez les pros, Jonathan Albon remporte encore une fois les honneurs, lui qui à mené la course dès le premier obstacle. Trente secondes derrière Albon, le Canadien Ryan Atkins monte sur la deuxième marche du podium tandis que Sergei Perelygin prend la troisième place en terminant la course treize secondes après Atkins. Chez les femmes, le podium est chaudement disputé tout au long de la course. Entre chaque obstacle, les positions changent. Plusieurs d’entre elles sont aux coudes à coude pour se rendre aux obstacles. Rebecca Hammond (USA) mène la course sur une bonne partie du parcours, mais se fait coiffer le nez par Nicole Mericle (USA) dans la dernière section. La Canadienne Lindsay Webster termine troisième non loin derrière. Pour vous démonter à quel point la course était serrée, les trois femmes terminent à moins de trente secondes l’une des autres : Mericle : 19:54, Hammond : 20:00 et Webster : 20:17.

La journée du samedi était réservé pur l’épreuve du quinze kilomètres. Quelques jours auparavant, l’organisation avait dévoilé le tracé de course qui indiquait pas moins de cent obstacles! Un chiffre qui frappe l’imaginaire sur une telle distance. Par contre, il faut voir cette quantité comme un coup de marketing. Certes, il y avait beaucoup d’obstacle, mais selon moi le chiffre de cent n’est pas atteint. Le transport du Wreck bag est le meilleur exemple. Ce dernier comptait comme six obstacles sur la carte, mais en était en réalité un seul selon ma vision des choses. De plus, le fameux Caterpillar qui avait causé tant de problèmes la veille fut enlevé du parcours. Les boucles supplémentaires permettaient d’aller beaucoup plus loin sur le terrain de Nuclear Race et d’aller utiliser les obstacles sur le terrain. Le nouveau tracé envoie d’ailleurs les coureurs dans de beaux boisés et utilise de belles sections de course. Les obstacles y sont présents en grande quantité, mais le niveau de difficulté reste assez facile pour l’athlète moyen. Ce qui rend la tâche plus difficile, c’est l’accumulation. On retrouve souvent une série d’obstacle un en arrière de l’autre avec peu de temps entre chacun pour reprendre son énergie. Un obstacle qui causa encore bien des problèmes est le « Stairway to heaven », que l’on appelle « Phoenix Rising » chez Nuclear Race. Bien qu’il soit 100% sec et qu’ils aient ajouté quelque chose dans la peinture afin de le rendre moins glissant, plusieurs sont encore une fois restés coincés à cet obstacle. Ce qui ne manque pas sur le parcours ce sont les trous de boues. Ils sont présents partout, ce qui rend plusieurs obstacles très glissants à cause de l’accumulation. Les cordes à grimper en étaient un bel exemple. L’eau est cette fois-ci partie intégrante du parcours. Sois on vous trempe les pieds dans un courant d’eau glacée, sois on vous y plonge littéralement au complet (la glissade). L’eau permet de bien nettoyer la boue accumulée, mais rafraichie aussi les ardeurs de tous tellement cette dernière est froide! En plus de tous les obstacles du trois kilomètres de la veille, on retrouve une Tyrolienne, grosse glissade, une série de filet interminable sous lesquels on doit passer, quelques obstacles d’équilibre, un « hoist » assez léger, quelques rigs et autre obstacle plutôt simple. Ce n’est certainement pas la difficulté des obstacles qui pose problème, mais l’accumulation comme mentionné plus haut. Évidemment les grosses structures autour du festival sont les plus difficiles et offre le plus grand défi. Plusieurs transports de charge sont dispersés un peu partout sur le trajet. Le plus difficile est sans doute le transport de la bombe qui est quand même assez lourde.

Les stations d’eau ne sont pas évidentes à voir pour tous. Sur le trois kilomètres, rares sont ceux qui ont vu une source d’eau. De plus, il n’y avait pas d’eau ou quelque forme de liquide au fil d’arrivée. Heureusement, suite à plusieurs commentaires, la situation fut corrigée pour la course du quinze kilomètres. Sur le parcours les stations étaient présentes sous forme d’abreuvoir, ce qui a peut-être induit certaines personnes en erreur puisque l’on est habitué de voir des tables avec des verres d’eau. Par contre, c’est un bon moyen de préserver l’environnement en éliminant les verres de plastique et d’avoir des abreuvoirs installés de façon permanente. La ligne d’arrivée devrait selon moi avoir plus pour les athlètes finissant la course. Avec un évènement de cette envergure, on s’attend à quelque chose de plus lorsque l’on traverse le fil d’arrivée (eau, électrolytes, barre énergétique, etc.).

Pour la cinquième fois en autant de tentatives, Jonathan Albon (1h27m17s) est couronné grand champion du quinze kilomètres suivi de Sergei Sillin(1h27m45s) et Thibault Debusschere (1h27m53s). Chez les femmes, Lindsay Webster(1h51m56s) termine première, Ida Mathilde Steensgaard (1h52m56s) deuxième et Karin Karlsson (1h55m24s) troisième. La liste des athlètes ayant bien performé dans les catégories des groupes d’âge serait trop longue à énumérer ici, mais je tiens à féliciter chacun d’entre eux!

La journée du dimanche est la course préférée de plusieurs : la course en équipe. Chaque équipe comprend comme à l’habitude trois personne qui s’occupe tous d’une section du parcours (Vitesse, force et agilité/technique). Cette année, une fois les trois sections individuelles complétées, les équipes avaient une mini section qu’ils devaient franchir en équipe. Un transport de pierres d’atlas sur une espèce de civière et une montée de corde. Évidemment les équipes devaient trouver une façon de franchir le gros mur de la fin ou la corde était maintenant rendue très courte. De belles batailles se sont jouées au dernier mur chez les pros. Les athlètes se sont poussés au maximum pour cette dernière épreuve compétitive de la fin de semaine. L’équipe Platinum Rig est arrivée première chez les hommes pro, A doctor, a politician and a Benji walk into a bar chez les femmes (oui c’est vraiment le nom de l’équipe) et les Maple Syrup Mamas dans la catégorie mixe.



Le weekend se termine comme à l’habitude avec la course pour l’œuvre de charité et à ce moment, les athlètes y participants le font en riant et en ayant du plaisir. La compétition est maintenant terminée et tous reparte satisfaits ou non de leur performance, mais en ayant donné tout ce qu’il pouvait sur le terrain. Si on résume l’évènement en quelques phrases, ce fut encore une fois un beau weekend de course permettant aux athlètes de partout dans le monde de se retrouver l’instant d’une fin de semaine pour pratiquer le sport qu’ils aiment. Évidemment la délégation européenne était bien plus présente cette fois tandis que l’Amérique l’était un peu moins. Plusieurs ont jumelé course et voyage pour découvrir villes et pays pour une première fois. Le parcours était intéressant, sans trop de dénivelé et offrant de belles sections de course. Les obstacles étaient tout de même faciles diront les spécialistes d’obstacle, mais il faut garder en tête que les directeurs planifiaient en fonction d’une température difficile et tentait d’évité une hécatombe comme le championnat européen quelque mois auparavant. Par chance la météo était idéale et la vie des coureurs rapides fut facilitée. Les quelques problèmes rencontrés le vendredi ont rapidement été corrigés pour le reste du weekend. S’il y avait un point à améliorer, j’aurais tendance à pointer vers la ponctualité des podiums et remise de prix. Chaque jour, il y avait d’importants retards que l’on masquait en envoyant des cadeaux dans la foule, mais l’attente était souvent interminable. Somme toute, ce fut un bel évènement qui aura sans doute donné une belle visibilité au sport puisque ce dernier était télévisé pour la première fois. Sans être parfait, OCRWC reste un incontournable pour les plus compétitifs et amoureux de notre sport. Un dernier mot pour les « Marshall » qui ont gardé les obstacles tout le weekend en répétant sans cesse les règles à respecter. Merci pour votre temps et vos efforts de contrôle sur certains athlètes plus difficile que d’autre!